Cette série de 14 timbres fut émise par la Poste belge le 15 janvier 1918, à peine quelques mois avant la fin de la première guerre mondiale (11 novembre 1918). Les timbres sont ceux de la série ordinaire de 1915, du 1 centime au 10 francs, mais avec des teintes modifiées et une surcharge égale à la valeur d'affranchissement. Cette surcharge fut au profit de la Croix Rouge afin que celle-ci puisse continuer à porter assistance aux victimes de la guerre. De cette manière, les acheteurs de ces timbres payèrent deux fois la valeur d'affranchissement, avec la différence allant aux oeuvres de la Croix Rouge. La poste belge avait déjà émis trois autres séries de timbres au profit de la Croix Rouge, durant les années 1914-15. Deux excellents sites sur ce sujet sont ceux de Morten Lintrup et de Guido Damen. Tous deux sont hautement recommandés comme compléments à ce site-ci. Un autre site philatélique de haute qualité, traçant l'histoire des timbres et de la poste belges durant la première guerre mondiale, est dû à Stan Fairchild.
Les 14 timbres Croix Rouge de 1918 furent émis dans les quantités
suivantes:
1c + 1c (Roi Albert 1er) 320,000 2c + 2c (Roi Albert 1er) 400,000 5c + 5C (Roi Albert 1er) 260,000 10c + 10c (Roi Albert 1er) 210,000 15c + 15c (Roi Albert 1er) 140,000 20c + 20c (Roi Albert 1er) 110,000 25c + 25c (Roi Albert 1er) 135,000 35c + 35c (Halles d'Ypres) 53,000 40c + 40c (Pont de Dinant) 54,500 50c + 50c (Bibliothèque de Louvain) 52,000 1F + 1F (Escaut à Anvers) 22,722 2F + 2F (Campagne anti-esclavagiste) 18,923 5F + 5F (Roi Albert 1er à Furnes) 14,233 10F + 10F (Les trois premiers rois belges) 12,175
Dans la région de Belgique occupée par les Allemands, qui était à l'époque la plus grande partie du territoire, les timbres allemands étaient de rigueur. Cette situation limita sévèrement l'achat des timbres belges, y compris ceux-ci, à un petit nombre de bureaux de poste dans le coin nord-ouest du pays autour de la ville d'Ypres et dans une enclave belge près des villes de Sainte-Adresse et Le Havre, où le gouvernement belge en exil s'était réfugié. Le bureau de poste belge en territoire français utilisa un cachet qui comporta la mention "Ste Adresse Postes Belges Belgische Post" et qui fut utilisé jusqu'au 22 novembre 1918, dernier jour de fonctionnement de ce bureau de poste provisoire. Pour plus de renseignements sur l'histoire de ce bureau de poste provisoire, voir le site internet La Poste Belge au Havre.
Une autre oblitération d'époque fut celle du poste ambulant de l'armée belge (AB) en campagne, avec mention "Postes Militaires Belgique - Belgie Legerposterij". Finalement, il est aussi à noter que l'enclave de territoire belge aux Pays-Bas, autour de la ville de Baarle-Duc (Baarle-Hertog) utilisa aussi les timbres belges malgré l'occupation allemande. Pour un exemple et une petite explication de cette enclave, voir cette carte.
A la libération en novembre 1918, l'usage des timbres belges reprit à travers le pays, mais beaucoup de bureaux de poste se trouvèrent démunis, et le courrier fut souvent envoyé avec la mention "Payé" ou "Port Payé" à la place de timbre. Lorsque la situation se normalisa en juillet 1919, le besoin d'assistance par la Croix Rouge avait fortement diminué et une nouvelle série de timbres très populaires représentant le roi Albert avec casque de tranchée fut émise.
Pour ces raisons, les timbres de 1918 au profit de la Croix Rouge ne furent jamais fort utilisés pour l'affranchissement du courrier. La série fut mise hors cours assez rapidement, le 15 août 1920, à peine 31 mois après sa mise en circulation.